Tu as remarqué que ton eczéma s’aggrave avant un examen, une période de surcharge au travail ou après un conflit ?
Ce n’est probablement pas une coïncidence. De nombreuses personnes atteintes d’eczéma observent que leur peau semble « réagir » aux périodes de stress. Mais pourquoi ? Est-ce uniquement psychologique ? Et surtout, peut-on agir autrement qu’en traitant uniquement les symptômes ? Dans cet article, je t’explique les mécanismes en jeu des peaux atopiques et l’approche que j’utilise en naturopathie pour accompagner les femmes sujettes à l’eczéma.
Le stress influence réellement la peau
Le stress active le système nerveux
Lors d’un stress ponctuel, le système nerveux passe en mode « sympathique » et le corps secrète de l’adrénaline, qui nous permet d’avoir les ressources nécessaires pour réagir à ce stress (combattre ou fuir). Lorsque le stress dure, il devient chronique, l’organisme se met en mode survie avec un taux de cortisol sanguin élevé.
Ces hormones sont utiles à court terme, mais lorsqu’elles restent élevées pendant plusieurs semaines, elles peuvent modifier le fonctionnement de nombreux organes… y compris la peau.
La peau est un véritable organe de communication
La peau et le cerveau ont une origine embryologique commune. On retrouve dans ces deux organes :
- de nombreuses terminaisons nerveuses
- un dialogue permanent entre le système nerveux, le système immunitaire et la peau.
On peut ainsi facilement comprendre pourquoi notre peau est tellement liée a nos émotions : rougir, transpirer, ou alors « se faire un bouton de stress » suite d’un évènement particulier.
Pourquoi le stress peut aggraver l’eczéma
Le stress et ses hormones ont de nombreux impacts sur le fonctionnement physiologique :
- il augmente l’inflammation
- il fragilise la barrière cutanée
- il favorise les démangeaisons
- il perturbe le sommeil
- il entraîne un cercle vicieux grattage → inflammation → nouvelles plaques
Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles que d’autres ?
Chaque individu dispose d’un terrain propre. Plusieurs facteurs influencent un terrain propice à l’eczéma :
- sa prédisposition génétique
- son environnement
- sa peau naturellement plus fragile
- son microbiote cutané
- son sommeil
- son alimentation
- son niveau de fatigue
- sa charge mentale
- sa sédentarité
Peut-on casser ce cercle vicieux ?
Quand on prend en charge le terrain et l’histoire de la personne, on peut comprendre les causes qui ont conduit sa peau à surréagir autant. Lorsqu’on s’attaque aux causes réelles, on peut améliorer la situation de manière durable.
La naturopathie ne remplace pas un suivi médical ni les traitements prescrits, mais accompagne la personne en travaillant sur les facteurs de terrain.
Les piliers naturopathiques pour accompagner l’eczéma lié au stress
Le stress
Il me semble difficile voire impossible actuellement de vivre sans stress. Les actualités anxiogènes, notre vie professionnelle et familiale, les exigences de la société ou celles que l’on s’impose, la rapidité à laquelle vont les choses… amènent leur lot de stress. Qu’on le veuille ou non.
On peut toutefois améliorer notre réponse à ce stress extérieur grâce à des outils naturels tels que :
- la respiration
- la méditation
- la relaxation
- le mouvement
- des activités créatives
- la connexion à la nature etc.
Le sommeil
Le sommeil est souvent impacté chez les personnes soucieuses, stressées ou anxieuses. Lorsqu’on a des problèmes de peau tels que l’eczéma, il est indispensable de travailler sur la qualité de son sommeil et de mettre en place une routine adaptée. Un sommeil réparateur permettra à la peau de se régénérer plus rapidement.
L’alimentation
L’alimentation est un véritable levier dans l’eczéma, facile à actionner. Même s’il n’y a pas d’aliments « interdits », il est évident que les choix nutritionnels jouent un rôle prépondérant sur l’état de la peau.
L’alimentation ultra-transformée, riche en sucres, additifs est néfaste pour l’organisme et pour la peau. Ce sont de faux aliments qui ne répondent pas aux besoins de l’organisme, ce qui crée des carences et des surcharges (excès de toxines) que le corps doit gérer. De plus, cette alimentation déséquilibrée crée de l’inflammation silencieuse en dégradant le microbiote et la barrière intestinale.
Il est important d’avoir suffisamment de fibres, d’acides gras de qualité (dont les omégas 3), de protéines et de glucides en quantité raisonnable, pour une assiette anti-eczéma.
Les repas devront être adaptés aux capacités digestives de la personne. Ils devront idéalement être riches en vitamines et minéraux pour accélérer le processus de régénération de la peau.
La micro-nutrition pourra venir en aide de manière ponctuelle pour palier aux carences de l’alimentation moderne.
Le microbiote
Par l’axe intestin-peau, des études ont démontré que la dysbiose intestinale a un impact négatif sur la fonction cutanée:
– l’augmentation de la perméabilité intestinale, via des molécules pro-inflammatoires, favorise le dérèglement immunitaire contribuant à l’inflammation.
– l’augmentation des démangeaisons conduisant à un cycle chronique de démangeaisons-grattage, perturbant ainsi davantage la barrière cutanée et menant à un cercle vicieux.
Le mouvement
Le mouvement a une réelle fonction de régulation du système nerveux, permettant de décharger le mental et les émotions perturbatrices.
Il permet aussi de faire circuler la lymphe et le sang, et d’accélérer l’élimination des toxines.
Le choix de l’activité dépend des capacités et des envies de chacune. L’important étant d’être régulière dans le temps.
Si tu ne sais pas par quoi commencer, tu peux essayer de faire de la marche rapide pendant 20 min par jour.
Quand consulter un.e naturopathe ?
Lorsque les lésions sont présentes de manière chronique, sans soulagement durable malgré le traitement médicamenteux en cours, il est pertinent de voir un naturopathe en parallèle. Le naturopathe n’a pas vocation à faire de diagnostic. Une consultation chez un dermatologue est indispensable pour établir de quel problème de peau tu souffres.
Un travail de fond permettra de calmer l’inflammation chronique et les réactions de la peau. Les conseils donnés seront individualisés car, comme toujours, tout dépend de ta situation personnelle.
Conclusion
L’eczéma n’est pas « dans ta tête ».
En revanche, le stress peut influencer son intensité par des mécanismes bien réels. En prenant soin à la fois de ta peau, de ton sommeil, de ton système nerveux et de ton hygiène de vie, il est souvent possible de réduire la fréquence ou l’intensité des poussées. Chaque personne étant différente, un accompagnement personnalisé permet d’identifier les facteurs qui entretiennent ce cercle vicieux.
Elodie, Praticienne Naturopathe
J’aide les femmes à se libérer durablement de leurs problèmes de peau (acné, eczéma et psoriasis) grâce à une approche naturelle, globale et personnalisée, pour retrouver une peau saine et une vraie confiance en elles.
